La réforme du cumul Emploi-Retraite : Une réduction possible de 50 % de la retraite. 

L’article 102 de la LFSS pour 2026 a profondément modifié le cumul emploi-retraite pour les personnes qui liquideront leur retraite à compter du 1er janvier 2027. Service-Public et la CNAVPL ont confirmé les nouvelles règles.  

Le système actuel de cumul intégral/cumul plafonné est remplacé par un système principalement fondé sur l’âge du retraité. 

Avant l’âge légal 

Si une personne liquide sa retraite puis reprend une activité avant l’âge légal, sa pension sera réduite à concurrence de ses revenus professionnels et de certains revenus de remplacement. 

Autrement dit, le mécanisme devient extrêmement dissuasif puisque tout revenu professionnel entraînera le même montant de réduction de la pension 1 € de revenu professionnel peut entraîner 1 € de réduction de pension.

Entre l’âge légal et 67 ans

Le dispositif sera particulièrement pénalisant pour les professions libérales ! 

Le retraité pourra poursuivre une activité et percevoir sa pension, mais, au-delà d’un seuil de revenus fixé par décret, sa pension sera réduite de 50 % du dépassement. 

Le seuil de 7 000 € par an est celui retenu dans le dossier de présentation de la réforme et repris par les documents officiels. Il doit être fixé réglementairement, Ceci constitue une véritable spoliation puisque cela correspond à une pension de 583 euros par mois !

VIGILANCE ! Tous les retraités libéraux actifs pourraient être touchés

Un point de vigilance s’impose : Le projet, (pour ce que le gouvernement veut bien en dire actuellement, ne vise que les retraités qui feraient liquider leur retraite en 2027.
Cependant, une question parlementaire déposée à l’Assemblée nationale (question n°12218) relève que certains retraités actuels bénéficient aujourd’hui d’un cumul sans pénalité, et s’interroge sur le sort de ce régime. Cette question est restée sans réponse ministérielle, elle signale cependant une zone de vigilance possible selon la rédaction définitive du texte. Dans la mesure où les retraités sont visés, l’idée n’est pas totalement écartée et peut ressortir au cours de la discussion, y compris par un amendement gouvernemental au texte présenté.

583 euros de revenu entraîneront 50% de diminution de la retraite

Le dispositif est particulièrement pénalisant, puisque 583 euros de revenu professionnels mensuels entraîneront 50% de diminution de la retraite du « libéral-actif »

Des conséquences particulièrement préjudiciables aux professions libérales

C’est ici que le sujet devient particulièrement sensible. 

Les professions libérales ont un système de retraite atypique : elles disposent d’un régime de base commun géré par la CNAVPL, ( ou la CNBF pour les Avocats) mais également de régimes complémentaires autonomes gérés par leurs caisses professionnelles.

C’est précisément ce caractère autonome que la CNPL a défendu avec force lors de l’adoption de la LFSS 2026. La CNPL a notamment saisi le Conseil constitutionnel en considérant que la LFSS portait atteinte à ses régimes complémentaires, historiquement situés en dehors du champ de la LFSS. 

À partir de 2027, pour un nouveau retraité âgé de 64 à 67 ans, la poursuite d’une activité professionnelle pourra entraîner une réduction quasiment confiscatoire de la pension, avec trois conséquences toutes aussi préjudiciables à l’équilibre social : 

  • désinciter certains professionnels à liquider leur retraite ; 
  • désinciter d’autres à poursuivre leur activité ; 
  • conduire certains professionnels à choisir entre retraite et activité alors que le cumul permettait précisément une transition progressive. 

Ce troisième effet est particulièrement préoccupant pour l’équilibre des caisses et l’activité libérale au profit des usagers. 

Rupture du pacte de confiance  

On ne peut pas demander aux professions libérales de cotiser toujours davantage, de travailler plus longtemps, puis de réduire successivement la valeur réelle des droits qu’elles ont acquis. 

La difficulté n’est pas uniquement celle du montant de la pension. 

C’est également une question de confiance dans le contrat social. 

Un professionnel libéral construit sa retraite pendant plus de quarante ans. Il verse des cotisations obligatoires, souvent importantes, dans plusieurs régimes. Il prend des risques entrepreneuriaux, ne bénéficie pas des mêmes mécanismes généraux de solidarité alors qu’il contribue largement à celle-ci …